Mon mari dort déjà quand je descends sur le canapé avec mon téléphone. Il ronfle doucement à l’étage. Moi je suis là, en nuisette trop courte qui remonte sur mes cuisses larges, et je cherche quelque chose que je n’arrive même pas à nommer exactement. Une discussion avec femme coquine, c’est ce qu’on appelle ça sur les sites non? Sauf que moi je veux pas parler avec une femme, je veux qu’un homme me regarde comme si j’étais encore désirable malgré mes kilos, mes cinquante ans, ma peau qui se relâche.
Je m’appelle Chantal. Je vis à Capesterre-Belle-Eau. Je suis grosse, autant le dire franchement. Pas ronde, pas pulpeuse, grosse. Cent vingt kilos pour un mètre soixante-cinq. Mes seins tombent, mon ventre déborde, mes cuisses se touchent quand je marche. Et pourtant j’ai envie qu’on me désire. J’ai envie qu’un homme me parle comme si j’étais encore une femme, pas juste une épouse qui fait le ménage et la cuisine.
Je voudrais qu’on me raconte des cochonneries. Qu’on me dise ce qu’on ferait avec mon corps. Qu’on me fasse mouiller rien qu’avec des mots. À l’étage mon mari dort. En bas je cherche un homme qui saura me faire vibrer sans même me toucher.