Alors voilà, je vais te dire un truc : quarante-huit ans, infirmière, célibataire, et je passe mes soirées à écrire des annonces pour trouver une femme coquine de ma région. Enfin non, attends, je cherche pas une femme, je *suis* la femme coquine. Nuance. Mais franchement, quand je relis ce que je viens d’écrire, je me dis que c’est pathétique. Ou drôle. Les deux peut-être.
Je bosse en service gériatrique. Toute la journée en blouse blanche, à distribuer des cachets, à sourire gentiment, à écouter mamie Georgette me raconter pour la cinquième fois l’histoire de son premier bal. Le soir je rentre, j’enlève l’uniforme, et je me retrouve devant mon ordi à chercher un mec qui saura m’écrire autre chose que « salut sa va tu cherche koi ».
Alençon c’est pas non plus le paradis du libertinage hein. Faut être honnête. Mais bon, si t’es dans le coin, que t’as plus de trois neurones qui fonctionnent en même temps, et que l’idée de discuter avec une quadra un peu blasée mais encore bien foutue te tente, ben voilà mon annonce.
Je cherche pas l’amour de ma vie attention. Juste un dialogue qui monte un peu, des mots qui excitent, et si ça se trouve bien, pourquoi pas voir si la blouse d’infirmière fantasme autant en vrai qu’en photo. Mais faut d’abord savoir écrire correctement.