J’ai arrêté de compter combien de fois par jour j’y pense.
Combien de fois je sens cette chaleur monter.
Je travaille dans une boutique sur la Croisette. Touristes, regards, conversations polies. Et moi derrière mon comptoir avec cette envie permanente qui me ronge. Cette tension dans le bas du ventre qui ne part jamais vraiment.
Le soir je rentre chez moi et je me touche en pensant à des inconnus. À des mains qui sauraient exactement où aller. À des mots qui me feraient perdre pied.
Je cherche pas juste un plan cul express. J’ai besoin de cette montée progressive. Ce truc qui commence par des mots. Une rencontre coquine par chat où on se découvre lentement. Où tu me racontes ce que tu ferais. Où je te dis ce qui me traverse.
Cannes c’est petit. C’est excitant de savoir qu’on pourrait se croiser. Que tu pourrais être ce type dans le bar d’en face. Celui qui attend que je sorte du boulot.
Je veux un homme qui comprend cette faim. Qui sait prendre son temps avant de tout dévorer.
Lauriane. Vingt-cinq ans. Nympho assumée qui en a marre de faire semblant d’être satisfaite.