Mon voisin du dessus vient de déménager la semaine dernière. Quarante-deux ans, marié, toujours tiré à quatre épingles. Il a cogné à ma porte un soir pour emprunter du sel. On a fini sur mon canapé, lui entre mes jambes, moi qui gémissais en essayant de ne pas alerter tout l’immeuble. Ça a duré trois mois. Des après-midis volés, des pauses déjeuner où il montait chez moi, des nuits où sa femme le croyait au bureau.
Maintenant il est parti et je me retrouve seule dans mon appartement à Caen avec cette fichue envie qui ne passe pas. Je suis devenue accro à ça. À l’idée qu’un homme me désire au point de tout risquer. Au frisson de savoir qu’il bande rien qu’en pensant à moi.
Je cherche pas à refaire exactement la même chose mais je veux ce truc là. Cette tension. Cette urgence. Un mec qui fantasme sur sa voisine, sa collègue, celle qu’il croise et qui le rend fou. Je veux des messages qui montent, qui deviennent de plus en plus directs. Je veux qu’on se dise ce qu’on se ferait si on se croisait dans la cage d’escalier.
Une rencontre coquine femme comme moi, c’est pas compliqué à gérer. Je réponds vite, je sais ce que je veux, et je suis claire. Si l’alchimie passe vraiment, on peut se voir. Mais d’abord je veux te lire, te sentir bander à travers tes mots.